Syndicat National des Exploitants d’Etablissements Professionnels et des Entreprises Equestres

Le patron de club, ce Héros

En ce début d’année 2015, je veux saluer et encourager les responsables des structures équestres, grandes, moyennes et surtout petites qui font la France équestre d’aujourd’hui.

Etre entrepreneur en 2015 est de toute manière une tâche ardue. La société française est plutôt faite pour les administrations et les grandes entreprises que pour les petites entreprises privées. Le dirigeant de TPE, qu’est le patron d’un centre équestre, travaille de manière indépendante et dans un cadre de liberté. C’est pour cela qu’il a choisi le chemin de l’entreprise individuelle.

Dans la réalité, sa liberté est absorbée par une charge de travail qui est presque sans limite. En effet ses tâches sont multiples. C’est la polyvalence qui lui est nécessaire. Faire marcher de manière profitable un centre équestre demande, non seulement des compétences dans le domaine cheval, longues à acquérir, mais en plus toutes les compétences d’un chef d’entreprise : être gestionnaire, financier, manager, commercial…Et souvent il  n’a  pas reçu la formation nécessaire à la réalisation de ces tâches. Alors, « sur le tas », il a appris, improvisé, inventé, crée ses propres connaissances et outils. La petite dimension de la structure fait qu’il faut aussi savoir bricoler, réparer, construire parfois, soi-même.

Un centre équestre est plus une usine qu’un magasin. Par l’importance de ses structures notamment : foncier important, bâti souvent de plusieurs milliers de m², et charges de fabrication et de maintenance qui vont avec.
Mais c’est aussi un magasin : il doit être propre, il accueille de la clientèle, des enfants, il est en situation de concurrence.

C’est aussi une ferme : gros animaux, engins agricoles, paille, grains, fourrages… travail à l’extérieur, Alors patron de club c’est un directeur d’usine, plus un responsable de magasin, plus un agriculteur ?

Oui, 3 métiers en un 1 ! Un héros.

Enfin, notre patron de club est un vrai passionné  de cheval et d’équitation, c’est quand même le moteur de son action. Cela lui prend du temps, c’est normal,  cela lui coute forcement en immobilisation de chevaux, de boxes, et c’est normal. Il est aussi souvent un cavalier pro.

Cela nous fait quatre métiers en 1 !

Et puis aujourd’hui la clientèle des centres équestres, nombreuse certes, n’est pas celle que l’on imagine, celle d’un sport de classe. Aujourd’hui c’est Monsieur tout le monde qui amène ses enfants au cheval ou au poney, et avec un pouvoir d’achat limité. Donc pas possible de faire des tarifs confortables pour le gestionnaire du club. Et la concurrence est rude, et les tarifs sont malheureusement tirés vers le bas. Dur, dur pour les business-plan !

Et bien malgré tous ces éléments qui semblent contraires, il est toujours là notre héros : aux écuries le matin, au manège tard le soir, sur son tracteur dans la journée, à cheval, le dimanche sur un terrain de concours… Il n’arrête pas, et depuis des années.

Ceux qui veulent se lancer dans la profession, ou que ceux qui critiquent les clubs, qui parfois pêchent par certaines parties de leur fonctionnement, viennent passer quelques jours avec le gestionnaire d’une structure équestre.  Ils constateront qu’il faut une certaine dose d’héroïsme et un grand courage à notre patron de club !

Nous avons ces qualités, soyons en conscient. Soyons aussi confiant dans l’avenir, car le cheval reste aujourd’hui dans notre société un élément naturel primordial.

Philippe Molès, Président du SNEEPEE